Ultimes traversées de la traboule temporelle avant qu'elle ne se referme pour la nuit des temps : NR (première dauphine de la révélation blog 2011) nous rapporte Les Aventures du Fétiche à l'Oreille Cassée, tandis que Pierre Bunk, sur le fil, parvient à arracher des oubliettes du temps passé perdu lointain un exemplaire de Char-Meuf.

"Verger, cet agriculteur artisan de la bande dessinée franco-berge, est clairement mon mentor parmi mes mentors. Son héros récurrent, à présent connu de chacun d'entre nous, le petit fétiche à l'oreille cassée, est un exemple de force séductrice et, à l'instar d'un Hercale ou d'un Donuld, bravera tous les défis de la Terre, s'il le pouvait. Cet album en particulier m'a marqué par sa simplicité et sa puissance dans le scénario,
ce qui revient souvent dans les albums de Verger. Bim, le fétiche, le chien domestique, un objet de valeur cassé, les étoiles et hop, le décor est planté. Moi ça me fait fondre.
J'aimerais un jour parvenir à un tel degré d'efficacité dans mon travail, c'est pourquoi je suis en ce moment en train de reprendre les aventures du fétiche, mais avec un personnage de mon imagination : j'ai pensé à un jeune reporter avec une coupe de cheveux bizarre et des chaussettes super remontées. Ça ne peut que fonctionner."

Merci NR !

" J'étais au lycée quand je suis tombé sur un petit magazine de BD noir et blanc pas cher. Dedans, on retrouvait pas mal de BD sud-américaines, anglaises et françaises. Dans ces dernières, j'ai découvert les aventures de Char Meuf, une nana rebelle qui vivait dans son tank, dans le désert ardéchois. C'était le genre de gonzesse comme j'en avais jamais vu en BD, forte en gueule, alcoolique, nihiliste et passablement tyrannique. Elle vivait des aventures souvent absurdes et toujours bien con, avec un rocker du nom de Léon et elle vivait une sorte de romance avec Boogie, un ours mutant passablement décérébré.
Ma préférée était une histoire de camping, où Char Meuf décidait de se barrer en camping pour échapper à l'armée et, histoire de ne pas s'emmerder, emmenait Léon et Boogie faire du ski (en juin). Le tout se terminait en fusillade lors d'un accrochage avec la mafia ardéchoise, qui avait fait main basse sur tous les stocks de genépi de la région.
Inutile de vous dire que la façon qu'avait Alain Martin de raconter ses périples m'ont fortement influencé, mais pas autant que le style inimitable de Jean-Mi Houlette. De nos jours, Alain Martin relance la série (culte dans les années 90) et Jean-Mi Houlette s'est reconverti dans la musique (avec son groupe Bonoboz).
Merci Pierre !


Si vous avez loupé des épisodes, ou si vous n'avez rien compris mais que vous vous voudriez bien relire l'ensemble à tête reposée, ou s'il vous est toujours viscéralement impossible de lire de la BD sur un écran d'ordinateur, ou encore si vous voulez découvrir les 14 fins alternatives à l'histoire; retrouvez l'album Traboule aux éditions Vraoum pour sa présentation en avant-première durant le festival Lyon BD les 18 et 19 mai, et dans les bacs début juillet.

Merci à Mathieu Diez et toute l'équipe du festival de Lyon BD pour m'avoir accueilli sur ce blog, à Wandrille pour leur avoir proposé mon travail, à Archie, Unter, Jules & Tom Fradet et Terreur Graphique pour avoir bien voulu dessiner quelques pages de Traboule; et merci également à tous les participants aux fausses couvertures qui ont joyeusement nourri les notes du blog pendant ces quelques semaines !
